Les taux des nouveaux crédits immobiliers progressent de nouveau, mais sans emballement. Selon les statistiques publiées par la Banque de France le 6 octobre 2026, le taux moyen des nouveaux crédits à l’habitat hors renégociations a atteint 3,32 % en août, contre 3,30 % en juillet et 3,08 % en décembre 2025. Dans le même temps, le volume de nouveaux crédits hors renégociations a rebondi à 12,2 milliards d’euros, après 11,1 milliards en juillet (données corrigées des variations saisonnières).
Ces chiffres ne constituent ni un barème bancaire ni une prévision pour les prochains mois. Ils donnent toutefois un repère utile aux ménages qui préparent un achat, un investissement locatif ou une opération de financement. L’essentiel reste de comparer le coût global, la mensualité assurance comprise et la solidité du dossier, plutôt que de s’arrêter au taux nominal affiché.
Ce que disent exactement les chiffres publiés en octobre
La Banque de France distingue plusieurs indicateurs. Pour éviter toute confusion, voici les données relatives aux nouveaux crédits à l’habitat hors renégociations :
| Période | Taux moyen hors frais et assurance |
|---|---|
| Décembre 2025 | 3,08 % |
| Juin 2026 | 3,27 % |
| Juillet 2026 | 3,30 % |
| Août 2026 | 3,32 % |
La hausse depuis décembre 2025 est de 0,24 point de pourcentage, soit 24 points de base. Elle demeure graduelle. Les taux moyens agrègent des prêts de durées, de montants et de profils différents : ils ne permettent pas de déduire le taux que chaque emprunteur peut personnellement obtenir.
Autre indicateur : en août, la Banque de France relève que 99,5 % des crédits à l’habitat pris en compte dans sa mesure correspondante sont à taux fixe. Pour un ménage ayant déjà signé un prêt à taux fixe, la hausse actuelle des taux du marché ne modifie donc pas, à elle seule, le taux prévu dans son contrat.
Quel impact concret sur une mensualité ?
Pour mesurer la sensibilité d’un projet aux taux, prenons un exemple purement illustratif : un emprunt amortissable de 200 000 € sur 20 ans, à taux fixe, avec mensualités constantes, sans frais et hors assurance.
| Hypothèse | Mensualité hors assurance | Intérêts totaux sur 20 ans |
|---|---|---|
| Taux de 3,08 % | Environ 1 117 € | Environ 68 133 € |
| Taux de 3,32 % | Environ 1 142 € | Environ 73 961 € |
| Écart | Environ 24 € par mois | Environ 5 828 € |
Ce calcul isole l’effet d’une variation de taux sur un prêt identique. Il ne compare pas deux offres bancaires réelles et ne tient compte ni de l’assurance emprunteur, ni des frais de garantie, ni des frais de dossier, ni d’éventuels remboursements anticipés.
La différence peut sembler modérée chaque mois, mais elle réduit aussi la marge de manœuvre d’un dossier proche du plafond d’endettement. À l’inverse, une baisse du montant emprunté ou une modification de l’apport peut compenser une partie de cette hausse.
Depuis le 1er octobre 2026, de nouveaux taux d’usure s’appliquent
Un autre élément mérite d’être distingué : le taux d’usure, c’est-à-dire le taux annuel effectif global (TAEG) maximal applicable à la catégorie de crédit concernée. Les seuils du quatrième trimestre sont en vigueur depuis le 1er octobre 2026. Pour les crédits immobiliers aux ménages à taux fixe, la Banque de France indique notamment :
- 4,09 % pour une durée inférieure à 10 ans ;
- 4,68 % pour une durée de 10 ans à moins de 20 ans ;
- 5,40 % pour une durée de 20 ans et plus.
Ces plafonds ne sont pas des taux nominaux conseillés, ni les taux moyens obtenus par les emprunteurs. Ils portent sur le TAEG et varient selon la nature et la durée du prêt. Le ministère de l’Économie a rappelé leur fonctionnement dans une publication du 7 octobre 2026.
Pourquoi le taux nominal ne suffit pas
Le TAEG intègre, lorsque les frais sont requis pour obtenir le financement ou ses conditions annoncées, les intérêts, frais de dossier, frais d’intermédiation, frais de garantie et coût de l’assurance exigée. Deux crédits affichés au même taux nominal peuvent donc avoir un coût total sensiblement différent.
En pratique, il faut comparer des propositions portant sur un même montant et une durée cohérente, puis examiner le TAEG, le coût total en euros, les conditions de remboursement anticipé et les garanties. Une offre qui paraît attractive au premier regard peut l’être moins après prise en compte des frais annexes.
L’assurance emprunteur : un levier distinct du taux du prêt
Le coût de l’assurance peut peser fortement sur le budget, en particulier lorsque plusieurs personnes sont assurées, lorsque la quotité est élevée ou lorsque l’âge et les garanties influent sur la tarification. Il faut distinguer une cotisation fixe d’une cotisation évolutive et regarder le coût total sur la durée réellement restante, pas seulement le prélèvement du premier mois.
Le droit français permet de changer d’assurance emprunteur à tout moment après la signature du prêt immobilier, mais la banque doit pouvoir vérifier l’équivalence du niveau de garanties. Il convient notamment de comparer les garanties décès, PTIA, incapacité, invalidité, les exclusions, franchises, âges de fin de couverture et quotités. Une cotisation moins chère ne constitue pas à elle seule une amélioration si la protection se dégrade.
Pour approfondir ce sujet, consultez notre article Assurance emprunteur : comment bien choisir son contrat en 2026 ? et notre page Assurance.
Faut-il attendre une baisse des taux avant d’acheter ?
Personne ne peut déduire des chiffres d’août la trajectoire certaine des taux des prochains mois. Attendre comporte aussi des paramètres qui évoluent indépendamment du crédit : prix de vente du bien, niveau de loyer pendant l’attente, disponibilité des biens, travaux éventuels et évolution de la situation professionnelle.
Pour une résidence principale, la décision doit d’abord être cohérente avec la stabilité des revenus, l’apport, le reste à vivre et l’horizon de détention. Pour un investissement locatif, elle doit aussi intégrer le loyer raisonnablement attendu, les charges, la fiscalité, la vacance locative, les travaux et les risques de trésorerie. Le financement n’est qu’une partie de l’équation patrimoniale.
Les cinq vérifications à faire avant de déposer un dossier
- Définir la mensualité soutenable. Le taux d’effort ne doit en principe pas dépasser 35 % des ressources, assurance comprise, sous réserve des règles et marges de flexibilité applicables aux banques. Ce plafond ne garantit jamais l’obtention d’un prêt.
- Tester plusieurs durées. Allonger le prêt peut réduire la mensualité mais augmente généralement le montant total des intérêts.
- Comparer le TAEG et les frais en euros. Examiner frais de dossier, garantie, éventuelle intermédiation et coût de l’assurance, pas uniquement le taux nominal.
- Analyser les garanties de l’assurance. Une délégation d’assurance peut être intéressante, à condition de préserver la couverture exigée et adaptée à la situation personnelle.
- Conserver une réserve de sécurité. Un apport maximal n’est pas toujours optimal si le ménage se retrouve sans liquidités pour les imprévus, les travaux ou les charges de copropriété.
Notre accompagnement en financement permet de replacer les différentes propositions de crédit dans le budget et le projet global. Pour un investissement, cette analyse peut être articulée avec une réflexion plus large en gestion de patrimoine.
Sources officielles et date de vérification
- Banque de France — Crédits aux particuliers, août 2026 (publication du 6 octobre 2026).
- Banque de France — Taux d’usure applicables au quatrième trimestre 2026.
- Ministère de l’Économie — Prêt : ce qu’il faut savoir sur le taux d’usure (7 octobre 2026).
- Service-Public — Définition et composition du TAEG.
- Service-Public — Assurance emprunteur et substitution de contrat.
- Ministère de l’Économie — Crédit immobilier : fonctionnement et capacité d’emprunt.
Informations vérifiées au 10 octobre 2026. Les chiffres publiés par la Banque de France portent sur le mois d’août 2026 et ne constituent pas des offres de crédit. Les simulations sont indicatives et ne remplacent pas une analyse individualisée du financement, de l’assurance et du risque.